Accueil » Rencontres du Centre Psychanalytique Smirnoff 2026
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Attentes
Chacun constate l’encombrement de l’accès aux institutions de soins psychiques. Il a pour conséquence une inflation considérable de l’attente. Cette dimension, si elle a notablement été étudiée dans la théorie et la pratique de la cure dont elle constitue un pivot pâti d’un déficit de considération quant à ses effets en institution.
Dans le cadre de la cure type, le temps et la patience sont indissociables de la méthode et du processus analytiques. L’attente est une condition d’accès à l’inconscient. Outil thérapeutique, elle favorise la régression et l’émergence des conflits. Elle permet le contournement des résistances.
Avec la prise de rendez-vous auprès de la structure de soins s’initie un déplacement vers un nouvel objet. Quelles sont les conséquences cliniques quand ce dernier se soustrait et qu’il oppose à ce mouvement, à ce transfert naissant, son indisponibilité? Quelles sont les répercussions d’une frustration démesurée sur l’angoisse, les traumatismes, les problématiques abandonniques, et la passivité délétère dans ses excès ?
L’investigation de la relation soignant-soigné est seule à même de rendre compte de ces enjeux. Le transfert, tout à la fois répétition et révélation, y donne accès. Il conditionne leur identification et la possibilité de leur interprétation. Singulièrement, il dévoile et mobilise une destructivité spécifique à l’humain qui échappe et demeure l’impensé des paradigmes réductionnistes contemporains déclarant l’obsolescence des conceptions analytiques. Cette destructivité doit être entendue quant à ses effets sur les soignants. Comment s’accommodent-ils de cette situation ? Comment œuvrent chez eux le refoulement, le clivage, le déni visant au maintien d’un idéal thérapeutique ?
Dans une perspective institutionnelle, quelles conséquences envisager sur la confiance en la méthode, le narcissisme groupal et le temps long du soin psychique ? La projection de la responsabilité sur les tutelles et la référence exclusive au défaut de moyens suffisent-elles à tempérer les effets d’un sentiment inconscient de culpabilité ?
Les attentes intéressent aussi l’analysant, le vaste champ de ses espérances variées, possiblement contradictoires et illusoires placées dans le travail.
Le Centre Smirnoff, unité de psychanalyse au sein de l’hôpital public occupe une place propre à penser les attentes multiples que suscite une institution de la part de son environnement, des structures hospitalières, des réseaux de partenaires, des tutelles administratives et la société dans son ensemble. Ambivalentes, plus ou moins manifestes, elles vont de la demande de « preuves de son efficacité » à un authentique gain de sens dans les pratiques psychiatriques qui en manquent aujourd’hui fondamentalement.
