Association Psychanalytique de France

LA JOURNÉE DE l’APF À LYON : Au commencement, la folie ?

Au commencement, la folie ?
Aujourd’hui un peu délaissée dans le champ de la psychanalyse, la notion de folie n’en reste pas moins précieuse par sa capacité à réinterroger les fondements de la psychanalyse et de ses outils conceptuels inévitablement soumis à l’usure et à l’entropie. Qu’elle soit majuscule ou discrète, la folie est cet autre qui au cœur de la raison vient la subvertir. De tout temps, elle a été vertement refoulée, un peu comme le contenu latent du rêve que Freud a également envisagé comme une psychose de courte durée ordonnancée par les mêmes formations délirantes et hallucinatoires ; formations si proches de celles du fou, ce rêveur déraisonnable trop emporté par son rêve sans fin. Cette folie ne serait-elle pas tout aussi présente au cœur même de la situation analytique ? Folie d’inviter un semblable à dire ce qui lui vient, à dire ce qu’il sait, parfois ce qu’il cache mais surtout ce qu’il ne sait pas ? Dominée par un processus de réincarnation permettant de renouer avec ce commerce d’amour et de haine à la fois reçus et donnés, cette conception méconnaît toutefois la dimension irréductible des processus de pensées qui sont à l’œuvre dans cette réactualisation. Mais quelles seraient la nature et l’efficience de ces processus avant qu’ils ne soient confusément reconnus comme une séduisante contrefaçon d’un passé toujours actuel ? Car ce n’est que dans un après-coup, plus ou moins lointain, que cette folie se révèle une chose bien étrange – l’inquiétant, l’intranquille, la « folie » du transfert…. Mais avant ce surplomb et cette saisie par l’analyste des événements psychiques et des transferts qui gouvernent la cure, ne faudrait-il pas consentir, dans les commencements de toute cure, à une certaine folie qui nous travaillera avant même que nous puissions la reconnaître ? Toutefois, comment reconnaître le morceau de vérité de cette folie et par quelle voie nous saisissons-nous de cet écart entre ce qui nous est dit et ce qui nous est fait ?

LA JOURNÉE DE L’APF À NANTES : Où mènent nos rêves ? 

Où mènent nos rêves ?
J’ai fait un rêve, I have a dream… Rêver est un faire où s’accomplissent instantanément sur un mode hallucinatoire les souhaits inconscients que la réalité refuse. Tout au moins le tente-t-il, même si la fixation à des traumas précoces l’asservit à la compulsion de répétition, même si le moi dominé par les forces pulsionnelles et celles de la censure, n’assure plus la cohérence de son récit en laissant surgir l’angoisse. Le cauchemar serait le témoin de cette défaillance du travail onirique.

LA JOURNÉE DE JANVIER 2025 : Imposture

Imposture
Si de nombreux patients évoquent à un moment ou à un autre de leur analyse le sentiment pénible de se sentir être un imposteur, et ce souvent au moment de la survenue de succès dans leur existence, il n’est pas rare d’entendre aussi des analystes assaillis par de telles pensées déplaisantes, qu’elles visent le patient dont ils perçoivent une sorte d’inauthenticité, ou leur propre personne dans leur fonction d’analyste.

LA JOURNÉE DE l’APF À LYON : Accueillir l’autre ?

Accueillir l’autre ?
Que reste-t-il de l’accueil en ces temps de guerre, qui ont tendance à transformer tout autre-différent en ennemi ?
Dans le cours de la vie, l’autre se présente souvent comme « autre que moi », comme étranger ou inconnu vécu comme indifférent ou comme hostile et menaçant. Dans l’accueil qu’il reçoit, le nourrisson, plongé dans la détresse et la « désaide » totale, découvre cet autre comme «  proche secourable » avant qu’il ne soit repéré comme un personnage familier. Ces premières expériences de secours devant la détresse seraient, selon plusieurs auteurs, à l’origine de l’éthique.
L’étrangeté de cet autre se présente aussi devant le psychanalyste à travers des symptômes au caractère énigmatique, des demandes inhabituelles (nouvelles pathologies?), ou à travers des expressions culturelles difficilement déchiffrables.
L’« accueil » face à ces demandes non habituelles, consiste à supporter son dérangement et son  « étrangement » et à leur faire de la place dans son écoute en ouvrant progressivement un chemin de compréhension. Celui-ci se fait simultanément sur les deux scènes séparées, celle du patient et celle de l’analyste, à travers la forme permise par la scénarisation des contenus psychiques anciens et inconnus de chacun. Ainsi, le travail psychique de l’analyste à partir de ce qui se manifeste dans le dispositif, qui exclut les actes, permettrait-il de découvrir du sens à ce que cet « autre en soi » manifeste en chacun des protagonistes ? Et comment ce travail psychique si fragile, peut-il, aujourd’hui encore, trouver les conditions pour être investi, soutenu et résister à la violence de l’époque ?

LA JOURNÉE DE l’APF À LYON

La sensorialité et ses traductions
La sensorialité émerge progressivement dès la vie fœtale. Elle est le premier mode de présence au monde de tout vivant et de présence du monde en lui.