Association Psychanalytique de France

LA JOURNÉE DE l’APF À LYON : Au commencement, la folie ?

Au commencement, la folie ?
Aujourd’hui un peu délaissée dans le champ de la psychanalyse, la notion de folie n’en reste pas moins précieuse par sa capacité à réinterroger les fondements de la psychanalyse et de ses outils conceptuels inévitablement soumis à l’usure et à l’entropie. Qu’elle soit majuscule ou discrète, la folie est cet autre qui au cœur de la raison vient la subvertir. De tout temps, elle a été vertement refoulée, un peu comme le contenu latent du rêve que Freud a également envisagé comme une psychose de courte durée ordonnancée par les mêmes formations délirantes et hallucinatoires ; formations si proches de celles du fou, ce rêveur déraisonnable trop emporté par son rêve sans fin. Cette folie ne serait-elle pas tout aussi présente au cœur même de la situation analytique ? Folie d’inviter un semblable à dire ce qui lui vient, à dire ce qu’il sait, parfois ce qu’il cache mais surtout ce qu’il ne sait pas ? Dominée par un processus de réincarnation permettant de renouer avec ce commerce d’amour et de haine à la fois reçus et donnés, cette conception méconnaît toutefois la dimension irréductible des processus de pensées qui sont à l’œuvre dans cette réactualisation. Mais quelles seraient la nature et l’efficience de ces processus avant qu’ils ne soient confusément reconnus comme une séduisante contrefaçon d’un passé toujours actuel ? Car ce n’est que dans un après-coup, plus ou moins lointain, que cette folie se révèle une chose bien étrange – l’inquiétant, l’intranquille, la « folie » du transfert…. Mais avant ce surplomb et cette saisie par l’analyste des événements psychiques et des transferts qui gouvernent la cure, ne faudrait-il pas consentir, dans les commencements de toute cure, à une certaine folie qui nous travaillera avant même que nous puissions la reconnaître ? Toutefois, comment reconnaître le morceau de vérité de cette folie et par quelle voie nous saisissons-nous de cet écart entre ce qui nous est dit et ce qui nous est fait ?

De l’écriture à la psychanalyse : une source commune ?

L’écriture de Freud oscille entre la nécessité de transmettre et le désir de faire percevoir quelque chose de la vie inconsciente. Entre dérive et exigence, l’écriture freudienne avance dans des registres très différents, du « romanesque » à la spéculation, en passant par le style épistolaire. Serait-il pertinent de faire l’hypothèse que Freud « laisse venir » l’écriture, à … Lire la suite

L’APF invite à Lyon – 18 novembre 2021

'Ici la plume a glissé de la main et a tracé ce signe secret. Nous vous présentons nos excuses en vous demandant de ne pas vouloir en tirer une interprétation'. Lettre de Freud à Martha Bernays, 9 août 1882.

Cette année l’APF invite à Lyon Bruno Karsenti sur le thème Lire Freud au présent.

La vérité historique, le totémisme et sa trace, la récusation d’une conception totalisante du monde (Weltanschauung) : ces notions freudiennes accompagnent la pensée philosophique de Bruno Karsenti depuis plus de dix ans. Sa lecture fait apparaître un « Freud politique », une perspective nouvelle qui dépoussière avec bonheur les textes que l’on croit connaître. Comment éclaire-t-elle notre actualité, en particulier les noces funestes du religieux et du politique de notre époque ? Un détour par le politique qui peut éclairer en retour les cliniciens aux prises avec les pathologies identitaires et de l’idéal.

Violence de l’idéal

Cette question qui traverse le temps apparait aujourd’hui d’une brûlante actualité. L’idéal est au cœur de ce qui fait la grandeur et la folie des êtres humains en quête de sublime. S’il est capable de mobiliser la générosité, la créativité au service de causes élevées, s’il contribue à l’intégration culturelle des forces pulsionnelles, nous savons avec quelle facilité il peut se retourner de façon agressive et destructrice contre ceux qui pensent, qui agissent ou qui aiment autrement, jusqu’à faire de la mort son alliée. […]

S’opposer

“I would prefer not to” « je préfèrerais ne pas »
Quelques fois – ainsi que Bartleby avec son affirmation négative – s’opposer, immobilise l’objet autant que le sujet, ralentit le mouvement de la vie, décourage les investissements. L’opposition – opposition adressée ou opposition interne – est surtout une opposition suspendue entre vie et mort. […]

L’APF invite à Lyon

Paul Denis
Présence du geste

Les psychanalystes ont pris l’habitude d’opposer le registre de l’acte, de l’agir, au registre des représentations et nous ne distinguons pas assez les différentes formes que l’on peut reconnaitre dans le champ de l’agir : action, acte, passage à l’acte… De surcroit il est un terme qui a pratiquement échappé à tout usage psychanalytique c’est celui de « geste ».