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	<title>Archives des Éditorial - Association Psychanalytique de France</title>
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	<title>Archives des Éditorial - Association Psychanalytique de France</title>
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		<title>Question de détails, la psychanalyse ?</title>
		<link>https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/question-de-details-la-psychanalyse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin2364]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 11:53:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dès septembre 2025, la journée ouverte Rencontre, qui inaugure chaque année nos débats scientifiques, nous a plongés au cœur de l’analyse, de sa méthode et de la métapsychologie freudienne. Dans l’écoute à ce qui surgit d’inattendu, hors contrôle et hors sens commun, la psychanalyse donne au détail la valeur d’incident, d’Einfall, porteur d’une vérité que ... <a title="Question de détails, la psychanalyse ?" class="read-more" href="https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/question-de-details-la-psychanalyse/" aria-label="En savoir plus sur Question de détails, la psychanalyse ?">Lire la suite</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dès septembre 2025, la journée ouverte Rencontre, qui inaugure chaque année nos débats scientifiques, nous a plongés au cœur de l’analyse, de sa méthode et de la métapsychologie freudienne. Dans l’écoute à ce qui surgit d’inattendu, hors contrôle et hors sens commun, la psychanalyse donne au détail la valeur d’incident, <em>d’Einfall,</em> porteur d’une vérité que la conscience refoule et veut ignorer. Il signe la présence de l’inconscient, échappant à la censure du rêve comme à la bienséance du langage en tant que lapsus et oubli. Témoin de la spécificité de l’expérience analytique, où sous l’effet du transfert se remobilisent les traces les plus précoces de la vie infantile, le détail est au principe même du processus de déliaison et de reliaison qui l’anime. Dans cette émergence à ce qui nous est le plus étranger, il nous est paru important d’en débattre avec d’autres disciplines, la philosophie et l’histoire de l’art, avec Georges Didi-Huberman, la littérature, avec René de Ceccatti, pour nous ouvrir à leurs modes de pensée et d’interprétation.</p>
<p> Si le détail a mauvaise presse, c’est qu’il détient en effet cette part de scandale qui nécessite la règle de dire ce qui vient, règle de libre association. C’est alors qu’il devient source d’imagination fantasmatique pour notre clinique et nos théorisations, attestant la part subversive et irréductible de la psychanalyse à tout mode de communication habituelle. Tout comme la psychanalyse défend une vérité « autre » que celle qui s’impose de plus en plus dans nos sociétés sous la forme manifeste et évidente d’opinions, croyances, vérités alternatives et fake news.</p>
<p>Quelle transmission possible alors d’une telle expérience pour la formation des analystes ?</p>
<p>Notre comité scientifique s’en est saisi en choisissant d’interpréter en détail la pensée d’auteurs qui ont contribué à faire vivre la pensée analytique de l’APF. Ceci lors de rencontres avec des analystes qui ont le désir de continuer à transmettre une manière d’être analystes, avec l’autre, avec l’inconscient cet étranger fauteur de trouble et de vivance qui fait retour en nous de façon si imprévisible. C’est ainsi que nous retrouverons la présence de François Gantheret, Jean Laplanche, J-B. Pontalis, Guy Rosolato, et Wladimir Granoff pour l’année 2025-2026.</p>
<p>C’est aussi la transmission d’une telle expérience qui anime l’APF dans ses convictions lors des échanges avec d’autres analystes et dans les manifestations internationales et européennes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Brigitte Éoche-Duval, présidente de l&rsquo;APF<br />
novembre 2025</p>
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		<title>Une inquiétude fructueuse</title>
		<link>https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/une-inquietude-fructueuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caroline Reliquet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Feb 2025 10:13:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour notre Association, l’année 2025 a commencé avec le rendez-vous scientifique de la Journée Ouverte que l’APF organise régulièrement depuis 1984 et ce tous les deux ans depuis 1993. Nous souhaitons à cette occasion partager les réflexions et les propositions de certains d’entre nous à propos d’une question qui traverse nos travaux. Cette année sur ... <a title="Une inquiétude fructueuse" class="read-more" href="https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/une-inquietude-fructueuse/" aria-label="En savoir plus sur Une inquiétude fructueuse">Lire la suite</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour notre Association, l’année 2025 a commencé avec le rendez-vous scientifique de la Journée Ouverte que l’APF organise régulièrement depuis 1984 et ce tous les deux ans depuis 1993. Nous souhaitons à cette occasion partager les réflexions et les propositions de certains d’entre nous à propos d’une question qui traverse nos travaux. Cette année sur le Comité scientifique a choisi de débattre sur l’<em>Imposture. </em></p>
<p>Si le thème habituellement choisi pour ces Journées croise toujours nos divers questionnements, qu’ils soient scientifiques ou institutionnels, l’<em>Imposture</em> ne rendrait-elle pas plus compte d’une préoccupation plutôt que d’un thème de travail. Une préoccupation qui sourd, en chaque place : que ce soit dans l’intime de la cure, côté divan ou côté fauteuil, dans les instances Institutionnelles ou bien encore dans les échanges entre Institutions. Et puis, on le sait, sur la place publique, quand arrive un avis sur la place de la psychanalyse ou de ses institutions, l’accusation d’imposture survient bien vite. C’est celle que l’environnement prête facilement aux psychanalystes. C’est aussi celle que les psychanalystes ou les institutions analytiques dénoncent quelques fois.</p>
<p>Et si on lit le <em>Dictionnaire historique de la langue française</em> on apprend qu’à l’origine imposture ou imposteur se disait de celui qui impose, qui en impose, ou même, qui s’impose. L’imposture et le pouvoir seraient-ils donc liés en leurs fonds ? En réalité, cela on le sait. Côté divan : le pouvoir incommensurable du symptôme rend l’analysant insatisfait. Côté fauteuil : le pouvoir (la « violence ») d’une interprétation survient et rend l’analyste inquiet de la place qu’il prend. (Celui qui se prend pour un analyste le reste-t-il ? demandait J.-B. Pontalis). Serait-ce à cause de ce lien entre imposture et pouvoir que les institutions analytiques, pensées pour protéger la psychanalyse, peuvent elles-mêmes la trahir en relâchant leur vigilance et en succombant à des aménagements techniques d’abord, théoriques ensuite ; dans la formation d’abord, dans les cures ensuite ? Dans les cures comme dans les institutions, les analystes sont conduits à sans cesse s’interroger sur leurs convictions et à maintenir leur navigation entre le Charybde de la complaisance avec les concessions et le Scylla de la fixation à de stériles fidélités. (Et l’histoire des Sociétés d’analyse en France nous enseigne sur ce point.)</p>
<p>Il se trouve que de nos jours les propositions faites par l’Association internationale de psychanalyse (API), annoncées pour « faciliter » la psychanalyse et sa transmission abandonnent en réalité la pertinence incisive de la métapsychologie ou édulcorent la méthode analytique en l’« adaptant » aux changements des nouvelles modalités de communication. En promouvant l’analyse à distance, en reléguant la présence des corps dans la situation analytique comme accessoire et en ramenant le langage à sa seule dimension manifeste et consciente n’opèrerait-on pas là à une atteinte des soubassements à la fois de la méthode et de la théorie analytique comme à la conception psychanalytique de la vie de l’esprit. Ne serait-ce pas une forme d’imposture ? On pense à l’image du couteau de Lichtenberg que Freud aimait utiliser pour dire l’exigence et la rigueur de la méthode et de la théorie psychanalytique : Un couteau auquel on change la lame puis le manche reste-t-il le même couteau simplement parce qu’il porte le même nom ? C’est sans doute avec ce souci que l’Association psychanalytique de France et vingt-huit autres sociétés de psychanalyse européennes, au nom de leurs convictions métapsychologiques et cliniques, se sont prononcées pour le maintien de la présence (dans la même pièce) pour les cures comme pour les supervisions dans la formation. Ces Sociétés d’analyse demandent à l’IPA dont elles sont des sociétés composantes d’être reconnues ainsi dans cette spécificité.</p>
<p>Finalement, en affirmant notre conviction ne redonnons-nous pas sa place et sa pertinence psychique à l’inquiétude d’un abus supposé de pouvoir que pourtant chaque humain et chaque psychanalyste comme chaque Institution a le devoir et la responsabilité d’interroger et d’assumer ?</p>
<p>Dominique Suchet, janvier 2025</p>
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		<item>
		<title>L’APF a fêté ses soixante années d’activité le samedi 8 juin, au cours des Entretiens de juin, en présence de nombreux collègues français ou étrangers psychanalystes ou collaborateurs habituels de nos travaux</title>
		<link>https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/a-venir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caroline Reliquet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jan 2024 16:07:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Adresse de sa présidente : L’APF a été fondée le 9 juin 1964 ; il y a exactement 60 ans. Il me revient de dire quelques mots au nom de nous tous réunis pour honorer cette Association qui est la nôtre, lui dire notre gratitude et lui formuler nos vœux, comme auprès d’une joyeuse impétrante à qui ... <a title="L’APF a fêté ses soixante années d’activité le samedi 8 juin, au cours des Entretiens de juin, en présence de nombreux collègues français ou étrangers psychanalystes ou collaborateurs habituels de nos travaux" class="read-more" href="https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/a-venir/" aria-label="En savoir plus sur L’APF a fêté ses soixante années d’activité le samedi 8 juin, au cours des Entretiens de juin, en présence de nombreux collègues français ou étrangers psychanalystes ou collaborateurs habituels de nos travaux">Lire la suite</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Adresse de sa présidente :</p>
<p>L’APF a été fondée le 9 juin 1964 ; il y a exactement 60 ans.</p>
<p>Il me revient de dire quelques mots au nom de nous tous réunis pour honorer cette Association qui est la nôtre, lui dire notre gratitude et lui formuler nos vœux, comme auprès d’une joyeuse impétrante à qui on va dire en cette soirée d’anniversaire qu’elle est jeune, et bien loin d’une retraite…  et pour cela nous nous réjouissons d’être entourés des amis de l’APF, nos amis et collègues, proches ou plus lointains que nous remercions vivement d’avoir répondu à notre invitation.</p>
<p>Fêter un anniversaire, est un peu bizarre quand on prétend rester dans une démarche analytique qui se défie des aliénations au service de l’autoconservation et n’a de cesse de repérer la force intemporelle du désir,  de débusquer le passé quand il brouille l’actuel des formes de la temporalité humaine. Je pense à la réticence bien connue de Freud à cet endroit.</p>
<p>Alors, petite infidélité à Freud, fêter l‘anniversaire de la fondation de l’APF est devenu une habitude, tous les 10 ans, depuis que Jean-Claude Rolland a inauguré cela avec le trentième anniversaire en 1994. En 2004 André Beetschen ouvrait la fête du quarantième anniversaire et en 2014 pour le cinquantième, c’était Patrick Merot.  Et avant ? pas de trace de manifestations particulières. On voit seulement que pour l’année des vingt ans de l’APF en 1984, l’APF a organisé sa première journée ouverte, « la pulsion pour quoi faire ? ». J’y vois un signe.  Ouverture, fidélité à la pulsion freudienne et aussi action ou acte sont depuis 60 ans, notre viatique.</p>
<p>Bizarre peut-être de fêter un anniversaire ? mais c’est pourtant aussi l’occasion de reconnaitre que le temps qui passe, quoiqu’on pense, impose sa loi, celle de la succession des générations, avec ses héritages et ses nouveaux venus, mais aussi ses disparitions. Les fondateurs nous ont quitté, après eux d’autres anciens ou d’autres collègues quelques fois plus jeunes, des membres ou des analystes en formation de notre Institut, rappelant qu’une Association aussi, comme tout un chacun,  doit assumer la peine de ces départs, comme tout dernièrement celui de Jean-Claude Rolland qui en était membre d‘honneur. Nous nous souvenons aussi que depuis notre dernière fête d’anniversaire Jean-Claude Lavie et Daniel Widlöcher l’un et l’autre membres fondateurs et membre d‘honneur de l’APF, disparaissaient . </p>
<p>Mais un anniversaire est aussi l’occasion de reconnaitre que ce qui fait la vitalité de l’Association tient à la transmission des héritages, à leur fructification et pour nous à l’arrivées des jeunes analystes qui font confiance à notre Institut pour venir s’y former, puis ensuite s’engager dans la vie associative pour la faire vivre et poursuivre sa mission de recherche et de transmission de la psychanalyse.  Cette mission, l’APF ne la remplit pas isolée, elle s’engage en collaboration avec les autres Sociétés d’analyse et chacun de nos membres travaille, œuvre, échange avec d’autres psychanalystes ou chercheurs, nous tous ici ce soir, rencontrés sur le terrain de la même passion clinique et théorique. Il y a des collaborations anciennes et fidèles qui nous honorent. Et nous seront très heureux, tout à l’heure de remettre à Janine Altounian le titre de Membre d’honneur auquel elle a été élue au cours de notre dernière Assemblée générale.</p>
<p>Chaque anniversaire depuis trente ans nous fait entendre, réentendre, l’histoire de la fondation de l’Association et on ne s’en lasse pas. Et je vais y succomber.</p>
<p>En ce temps -là, le temps était mauvais, le temps des sociétés d’analyse s’entend. Et peut-être nous aimons nous souvenir de ce commencement dans une crise, nous souvenir des ruptures qui l’ont accompagné et nous souvenir de son dépassement magnifique en juin 1964.  1964, déjà 10 ans que la Société Française de psychanalyse, avait été créée dans la vivacité d’une autre crise, sous l’impulsion de jeunes analystes, Daniel Lagache, Juliette Favez- Boutonnier et Georges Favez, rejoints ensuite par Lacan ; 10 ans que se produisaient dans une créativité qui ancre notre nostalgie des travaux qui nous inspirent encore consignés dans la revue La Psychanalyse. Alors, autre crise, 1964, ce sont d’autres jeunes analystes, motionnaires, Jean-Louis Lang, Victor Smirnoff, J.-B.  Pontalis, Daniel Widlöcher, Jean Laplanche, Jean-Claude Lavie avec tout proche d’eux Robert Pujol, Annie Anzieu, Didier Anzieu, rejoints par les plus anciens et aguerris psychanalystes : Daniel Lagache, Marianne Lagache, Georges Favez, Juliette Favez-Boutonnier et Wladimir Granoff, analystes restés attentifs à l’éthique de la formation et à la fidélité d’un retour à Freud fécond, puis plus tard rejoints par Rosolato, ceux sont eux qui fondent l’APF.</p>
<p>Et nous aimons réentendre ce récit auquel nous venons nous ressourcer au contact de la force insurrectionnelle de cette horde fraternelle qui n’était pas  sans disputes, pas sans tensions,  pas sans  conflits et  enjeux  de pouvoir et de narcissisme mais qu’ils savaient dompter au service  de la cause commune. Ils se tenaient dans un désaccord parfait selon le mot de Jean-Claude Lavie, unis par le refus de la soumission à un maître, et par la passion de la psychanalyse. Ils renouaient avec l’insurrection freudienne, avec cette rupture invraisemblable dans l’histoire des sciences humaines d’une pensée, et d‘un homme, qui n’a pas voulu s’adapter au plus simple, au plus évident, au plus répandu, ou au plus convenu et qui a maintenu la boussole de la découverte de l’inconscient. Nous aimons dans des identifications héroïques réentendre comment l’APF s’élance légère, déterminée et combative avec la démarche inimitable de Gradiva celle qui avance, allant au combat tel mars gradivus, au combat pour une psychanalyse qui avance. Nous aimons réinventer tout cela.</p>
<p>Mais peut être maintenant est venu le temps de quitter le terrain de la commémoration des événements pour entrer dans celui des récits de l’histoire et du mythe. C’est pour cela que le Conseil plutôt que de demander plusieurs témoignages aujourd’hui, a pris le parti de ne demander qu’à l’un d’entre nous un récit à propos des 60 ans de l’APF. Nous écouterons Jacques André, que nous remercions d’avoir accepté cette mission.</p>
<p>Et je remarque que le hasard (mais est-ce le hasard ?) a donné au comité scientifique l’idée d’interroger dans nos Entretiens de ces deux journées, au moment de ce 60<sup>ème</sup> anniversaire, ce qu’est devenu la Neurotica aujourd’hui. Savons-nous encore laisser le sol des événements se dérober sous nos pieds ? </p>
<p>Pour cela, pour entrer dans le mythe, ainsi que Patrick Merot il y a dix ans je retiendrai le récit par Daniel WIdlöcher de ce 9 Juin 1964, il écrit : « Jean Laplanche planait, Pontalis se promenait, Lang était un peu à côté de la plaque, Lagache regardait tout ça de très haut. Et Juliette Favez suivait en disant « où va-t-on ? C’est extraordinaire. Que se passe-t-il ? » « Granoff, -ajoute Daniel Widlöcher-, essayait de mettre de l’ordre dans tout ça. »  Il fallait designer quelqu’un pour aller énoncer la création du nouveau groupe à l’AG de la SFP et ajoute- Widlöcher  « comme sur le petit navire, c’était le plus jeune matelot que l’on avait chargé de cette mission d’annonce » c’est-à-dire lui-même. Et puis ensuite il fallait aller déclarer la nouvelle Association à la préfecture et là encore le choix des noms des fondateurs a été celui des plus jeunes : Jean-Claude Lavie, Jean Laplanche et Daniel Widlocher.  Et c’est encore le plus jeune, sans doute pas en âge mais dans sa vie analytique, Jean-Claude Lavie,  qui est chargé de porter les statuts à la préfecture. </p>
<p>L&rsquo;acte héroïque d’un commencement est un mythe, il est celui du plus jeune qui se détache de la masse, et donnant le récit de l’acte qui fut par une « mensongère transformation poétique » dit Freud, ouvre les voies des idéaux et des identifications.</p>
<p>Alors je retiendrai  que, identifiés,  nous nous abreuvons à ce récit comme à une source de jouvence, qui nous donne vitalité pour chacun de nos petits commencements psychanalytiques quotidiens,  qui sont comme aller au combat contre les résistances au dévoilement de la chose inconsciente : proposer une cure, l’engager, écrire un texte, développer une intuition théorique, ou aussi défendre par et dans ses Institutions, locales et internationales, la cause analytique, les conditions de la formation et de la transmission psychanalytique.</p>
<p>Dominique Suchet, 8 juin 2024</p>
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			</item>
		<item>
		<title>S’adapter ou résister ?</title>
		<link>https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/sadapter-ou-resister/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin2364]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Sep 2023 12:26:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a quelques temps au plus fort des bouleversements produits par l’épidémie de Covid alors que les cadres matériels des conduites de la cure étaient malmenés et que d’aucuns s’interrogeaient sur la menace qui ainsi pesait sur la pratique de la psychanalyse et sur sa théorie nous pouvions dire que la psychanalyse résistait. Comme ... <a title="S’adapter ou résister ?" class="read-more" href="https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/sadapter-ou-resister/" aria-label="En savoir plus sur S’adapter ou résister ?">Lire la suite</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y a quelques temps au plus fort des bouleversements produits par l’épidémie de Covid alors que les cadres matériels des conduites de la cure étaient malmenés et que d’aucuns s’interrogeaient sur la menace qui ainsi pesait sur la pratique de la psychanalyse et sur sa théorie nous pouvions dire que la psychanalyse résistait. Comme elle résiste chaque fois que les psychanalystes dans leurs cabinets persistent à écouter dans chaque histoire singulière les perturbations du monde. Même si l’ordre de la réalité semble prévaloir sur la disponibilité d’écoute à la puissance représentative du désir inconscient, même si s’insinue par des concessions consenties (aménagements des dispositifs) l’idée que l’obéissance à l’impératif de la réalité échappe à l’impératif du désir inconscient, néanmoins dans le travail de l’analyse les concessions redeviennent, malgré tout, en séance, des matériaux soumis à la parole et à la répétition transférentielles. La crise sanitaire de ce point de vue, malgré sa charge émotionnelle et ses conséquences effractives majeures et exceptionnelles, n’est venue prendre qu’une place à peine particulière dans un cortège de bouleversements sociétaux qui, chacun à leur façon, font entrer de semblables mises en question dans le champ de la psychanalyse : les guerres et la guerre à notre porte, les émigrations massives, l’inflation et la pauvreté, les violences faites aux femmes, les questions sur l’affirmation de genre, la crise climatique…</p>
<p style="text-align: justify;">Les psychanalystes poursuivent leur activité et les Sociétés d’analyse poursuivent leur travail de formation et de recherche scientifique témoignant que malgré cela la psychanalyse, sa théorie et sa pratique, restent des lieux où le mouvement de la vie de l’esprit prévaut sur l’attraction mortifère. Qu’Eros gagne (encore) sur Thanatos, qu’est-ce qui fait résister ainsi ?</p>
<p style="text-align: justify;">Une réflexion sur la résistance s’impose à nous. Dans la cure nous en connaissons ses deux faces de progrès et d’obstacle quand la résistance arme le transfert. N’y a-t-il pas une même dualité de la résistance quand ne peuvent être éludés les rapports dialectiques de la psychanalyse et du champ social ? C’est ce qui a conduit l’Association psychanalytique internationale à organiser sur ce thème son 53° Congrès à Cartagena en Colombie pour des réflexions sans cesse tendues entre résister ou s’adapter. Si Outre-Atlantique la tendance prépondérante est à vouloir « adapter la psychanalyse au monde contemporain » un autre courant plus européen souhaite plutôt « sauvegarder la spécificité de notre science et de notre technique, ce qui en assure sa pertinence et son efficience ». Où est le progrès ? Où est la défaite ?  Face à un engouement de vouloir « réinventer la psychanalyse sur de nouvelles bases scientifiques pour s’adapter à de nouveaux besoins des humains » (et on sait que là, Œdipe est directement visé) ne doit-on pas plutôt réaffirmer les shibboleths de la psychanalyse et veiller à leur sauvegarde ? Quelle est la nature de la résistance agissante à l’intérieur de la psychanalyse, chez les psychanalystes ?</p>
<p style="text-align: justify;">La résistance par le « non » qu’elle oppose au principe de plaisir est au principe de tout progrès. Mais, ainsi que dans chaque cure quand elle contrecarre l’écoute du désir inconscient et l’analyse du fantasme, elle est une force qui œuvre chez les analystes quand ils veulent atténuer &#8211; civiliser dans des théories acceptables &#8211; ce que l’analyse révèle. Très vite on voit que les changements théoriques ou techniques, visent sur le plan théorique et technique ce que tout mouvement d’opposition à la psychanalyse vise : la pulsionnalité et l’exigence du travail psychique de dissolution du complexe d’Œdipe autant que la blessante reconnaissance de la pulsion de mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Les prochains travaux scientifiques de l’APF témoignent du souhait de poursuivre l’approfondissement de cette recherche, ancrée dans l’expérience de l’analyse, et au service de ses principes de formation. Nous souhaitons poursuivre une réflexion qui déjoue l’attraction mortifère de l’inertie sans s’épuiser dans l’agitation maniaque. Notre Journée ouverte de la rentrée (16 septembre 2023 à Paris) a pour thème « L’esprit de résistance », où la rencontre de psychanalystes, d’historiens, et de poètes élargira le champ de la réflexion. La journée ouverte de Bordeaux (25 Novembre 2023) en choisissant de se demander « Où est passé la sexualité infantile ? » ouvre une voie de réponse aux questions posées, ainsi que la soirée à Lyon « L’APF invite » (23 Novembre 2023) avec une réflexion sur le destin de ce conflit dans les actes de sublimation.</p>
<p><span style="color: #000000;">Dominique Suchet</span><br />
<span style="color: #000000;">Présidente de l’APF</span></p>
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		<item>
		<title>La psychanalyse, malgré tout.</title>
		<link>https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/la-psychanalyse-malgre-tout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin2364]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jul 2023 13:04:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plus d’un an les bouleversements dans la vie sociale pour prévenir, sécuriser et éloigner les dangers mortels du virus ont pénétré dans l’intimité de nos vies. Tous les domaines de la vie ont été concernés et la pratique de la psychanalyse n’a pas été épargnée. Cependant, discrètement, depuis aussi longtemps, d’abord silencieusement puis de ... <a title="La psychanalyse, malgré tout." class="read-more" href="https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/la-psychanalyse-malgre-tout/" aria-label="En savoir plus sur La psychanalyse, malgré tout.">Lire la suite</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Depuis plus d’un an les bouleversements dans la vie sociale pour prévenir, sécuriser et éloigner les dangers mortels du virus ont pénétré dans l’intimité de nos vies. Tous les domaines de la vie ont été concernés et la pratique de la psychanalyse n’a pas été épargnée.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, discrètement, depuis aussi longtemps, d’abord silencieusement puis de façon de plus en plus manifeste la psychanalyse résiste. Les analystes analysent. Le travail de réflexion s’est poursuivi. Les travaux scientifiques internes à l’Association, les groupes de travail, les réunions institutionnelles, se sont remis en place en présence. Nous avons réfléchi à l’utilisation de moyens de communication nouveaux (pour nous) comme la visioconférence ; nous avons exploré les possibilités et les limites de leur usage pour certaines rencontres de travail. L’APF comme les autres sociétés d’analyse poursuit sa tâche scientifique et de formation.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est prématuré d’évaluer les effets à moyen ou long terme des modifications intervenues par l’effraction du monde dans l’intimité des cures. L’effraction n’est pas seulement advenue avec l’adoption de certaines facilités comme le téléphone ou la visio – ce qui ne fut pas du tout une généralité- mais déjà par l’accueil des considérations et des questions sur la santé physique -de l’analyste, de l’analysant-, par l’acquiescement sur les absences, par l’adoption immédiatement consentie, « bien entendu », de précautions sanitaires comme le gel ou la modification des modalités de salutation. On peut dire qu’une effraction des cadres habituels de pensée analytique est survenue chaque fois que l’ordre de la réalité semblait prévaloir sur la disponibilité d’écoute à la puissance représentative du désir inconscient ; chaque fois que s’insinuait l’idée que le choix de l’obéissance à l’impératif de la réalité échappait à l’impératif du désir inconscient. La première forme de résistance de la psychanalyse se situe là, d’avoir écouté ces concessions dans chaque histoire singulière : elles sont redevenues en séance des matériaux soumis à la parole et à la répétition transférentielles. La psychanalyse ainsi, encore une fois, en inscrivant les impacts de l’histoire du monde dans les histoires individuelles n’affirme-t-elle pas que, malgré tout, elle reste un des lieux où le mouvement de la vie de l’esprit prévaut sur l’attraction mortifère ?</p>
<p style="text-align: justify;">Alors s’il est trop tôt pour savoir si quelque chose a été bouleversé durablement dans la métapsychologie ou dans la théorie de la pratique de l’analyse – si même quelque chose a été bouleversé – il n’est pas trop tôt pour s’interroger sur cette résistance. On a d’abord entendu un « Après ce ne sera plus comme avant ». La crise sociétale majeure dans laquelle est plongé le monde actuel sous l’effet d’une pandémie, se nourrit de peur, d’angoisse, d’inquiétude, de danger. La mort guette, elle qui menace de destruction l’espèce humaine, la terre, la vie elle-même imposerait une révision des fondamentaux de la science psychanalytique, ce que certains envisagent avec une sorte d’enthousiasme et comme une occasion créative. Le projet social de créer un monde différent selon eux devrait fournir un appui pour réinventer la psychanalyse sur de nouvelles bases scientifiques adaptées à de nouveaux besoins des humains . Dans cette perspective la psychanalyse, en s’opposant à cet engouement, ferait preuve d’un déni de l’inexorable réalité et prendrait le risque de s’enfermer dans un repli narcissique catastrophique préfigurant sa mort annoncée. Depuis toujours la psychanalyse est inadaptée au monde, on le sait, et aujourd’hui elle est déclarée obsolète, sommée d’au moins s’adapter, de cesser de poursuivre un combat comme le font ces soldats sur leur île qui ne savent pas que la guerre est finie, de cesser de résister.</p>
<p style="text-align: justify;">Y aurait-il une résistance agissante à l’intérieur de la psychanalyse, chez les psychanalystes ? La résistance a deux faces. Elle est d’une part en alliance avec l’inertie et la mort. C’est ainsi que dans chaque cure elle contrecarre l’écoute du désir inconscient et l’analyse du fantasme ; c’est la même force d’opposition que la psychanalyse rencontre dans le monde social et en son sein dès les premiers temps de la révélation de la vie sexuelle inconsciente au principe de toute production psychique. Sa visée provoque un refus qui va de l’hostilité franche à l’assimilation la plus neutralisante de sa différence.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant d’autre part cette résistance est la résistance de l’analyse, n’est-elle pas sa force ? Son irréductibilité est la garantie de sa survivance. Son affirmation de la prévalence de la vie sexuelle inconsciente est irréductible. Elle est irréductible peut-être comme on le dit d’un petit village qui ne veut pas se laisser coloniser et dont on peut rire de sa prétention infantile et irréaliste. Elle est irréductible aussi comme on le dit dans les sciences physiques d’un principe actif qui ne peut être ramené à autre chose, ou encore en mathématique quand ce qui est irréductible est ce qui ne peut pas être simplifié.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, puisons-nous notre conviction dans la nostalgie des premiers temps de l’insurrection analytique affirmant la suprématie de la sexualité et de l’inconscient ? Sans doute pas seulement. La psychanalyse résiste pour avoir autre chose à affirmer que son irréductible croyance en l’inconscient, au conflit pulsionnel et aux lois œdipiennes qui le civilisent. La psychanalyse n’est plus la jeune science des années 1914-1920 qui a rencontré de plein fouet le désastre culturel de la guerre mondiale, l’effondrement de l’illusion du progrès de l’humanité. Elle est sortie renforcée de cet ébranlement qui a révisé les fondations d’une première théorie pulsionnelle. En inscrivant une pulsion de mort au cœur de l’âme humaine elle est devenue plus radicale mais elle n’est pas devenue plus acceptable. La mort n’est pas hors de son domaine ; l’attaque blessante de la réalité de la finitude ne lui est pas étrangère, elle s’est inscrite au cœur de la métapsychologie aussi fermement qu’elle a été reconnue rivée au cœur de l’âme humaine. C’est cela qui nourrit sa résistance, lui donne sa force. C’est cela, redoublant le scandale de la sexualité inconsciente, qui mobilise aussi l’hostilité contre elle.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> À la fin de <em>Malaise</em> <em>dans la culture</em> Freud écrit qu’il faut s’attendre à ce que face aux forces humaines de destruction et d’anéantissement l’Eros éternel fournisse un effort pour s’affirmer dans le combat contre son adversaire tout aussi immortel. On pourrait croire en le lisant que la vie n’est que le temps où, comme dans un songe, on oublie l’issue du combat, le temps où on ne présume en rien du succès que pourtant on connaît, afin que le combat perdure. Les prochains travaux scientifiques de l’APF témoignent de ce souhait de se déprendre de l’attraction mortifère de l’inertie sans s’épuiser dans l’agitation maniaque. En reprenant à la lumière de cette question les thèmes déjà prévus pour nos rencontres et Journées Ouvertes nous débattrons avec plaisir et intérêt à Lyon le 5 juin 2021, sur le thème <em>La nostalgie, et après ?, </em>à Paris le samedi 18 septembre 2021 sur le thème <em>Au fil des traces,</em> à Bordeaux le 27 novembre 2021 sur le <em>thème La fabrique du symptôme</em>.</p>
<p>Dominique Suchet</p>
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		<title>Les psychanalystes s’engagent pour exprimer leur solidarité.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin2364]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 23:35:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Le sentiment que nous éprouvons d’être des étrangers dans ce monde jadis si beau et si familier est la perturbation de notre rapport à la mort, tel que nous l’avions maintenu jusqu’ici. Ce rapport manquait de franchise. » écrit Freud en 1915, plus tard il aurait ajouté que cela concernait aussi notre rapport à la destructivité. ... <a title="Les psychanalystes s’engagent pour exprimer leur solidarité." class="read-more" href="https://associationpsychanalytiquedefrance.fr/les-psychanalystes-sengagent-pour-exprimer-leur-solidarite/" aria-label="En savoir plus sur Les psychanalystes s’engagent pour exprimer leur solidarité.">Lire la suite</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Le sentiment que nous éprouvons d’être des étrangers dans ce monde jadis si beau et si familier est la perturbation de notre rapport à la mort, tel que nous l’avions maintenu jusqu’ici. Ce rapport manquait de franchise. » écrit Freud en 1915, plus tard il aurait ajouté que cela concernait aussi notre rapport à la destructivité. L’envahissement par la Russie de l’Ukraine et la guerre qui y fait rage terrifie chacun d’entre nous, la  fragilité des acquis de la civilisation et la menace de son effondrement sous nos yeux avec l’inhumanité qui se déploie et que rien ne semble pouvoir arrêter, l’insensé  d’un rapport de force qui ne peut que se solder par un désastre de mort et deruine qui nous  demandera beaucoup de temps  pour le penser, tout cela a provoqué autant de désarroi que d’élans de solidarité.</p>
<p>Les psychanalystes comme tous les citoyens du monde démocratique font entendre leur indignation et s’engagent pour exprimer leur solidarité.</p>
<p>La présidente de l’Association psychanalytique internationale, Harriet Wolfe et le président de la Fédération européenne de psychanalyse, Heribert Blass au nom des psychanalystes et  de leurs Sociétés ont  fait connaitre par communiqués leur condamnation de la guerre. Sur les sites de l’IPA<a href="https://fr.ipa.world/"><em>https ://fr.ipa.world</em></a><em><u>  </u></em> et  de la FEP  <a href="https://www.epf-fep.eu/">https ://www.epf-fep.eu</a> sont aussi donnés les liens qui permettent à chacun d’engager une aide humanitaire et d’urgence, de dons et d’assistance pour le peuple Ukrainien, et pour les pays limitrophes qui accueillent les réfugiés. L’Association psychanalytique de France dès le 23 février dernier, quand la menace se faisait plus précise et ébranlait notre incrédulité face à la violence et à la déshumanisation a manifesté son soutien à la présidente  de la société ukrainienne, Aleksandra Mirza, au président de la société de Moscow, Vitaly Zimin, et au président du Groupe psychanalytique de Moscou, Oleg Levin  qui s’étaient adressés à leurs collègues de la FEP quelques jours avant. Nous affirmions alors, en pensant à nos échanges psychanalytiques dans le cadre de la FEP, toujours riches et amicaux dans les différences, nos espoirs et notre foi dans le développement culturel comme seule chance de travailler contre la guerre et pour le pacifisme selon l’avis de Freud en 1932 dans un échange avec Albert Einstein. Quasiment tous les présidents des Sociétés européennes se sont  manifestés auprès d’eux.  En effet, les psychanalystes européens se sentent particulièrement solidaires  de leurs collègues des pays engagés dans le conflit armé. En Ukraine 17 psychanalystes sont membres  de l’IPA, 66 en Russie, 5 en Biélorussie.  Les collègues des pays frontaliers de l’Ukraine (un collègue en Moldavie, 21 en Roumanie, 63 en Pologne, 51 en Hongrie et 3 en Slovaquie) ont fait connaitre leur disponibilité et leur solidarité envers les réfugiés ukrainiens mais aussi leur besoin de  soutien.</p>
<p>Depuis lors la guerre se déchaine et fait rage ; les annonces de cessez-le-feu sont démenties par les faits les plus effroyable. Et parallèlement de nombreux messages sont échangés entre psychanalystes, des marques de sympathie sont exprimées, tout en restant néanmoins attentifs aux risques que nous pourrions faire courir à nos collègues en difficulté, particulièrement nos collègues russes.</p>
<p>Quand le Conseil de l’APF a décidé de verser un don à la Société ukrainienne pour le soutien des analystes et analystes en formation de leur  société,  il a choisi de le faire par l’intermédiaire du fond d’urgence de la FEP. Transiter par la FEP, il nous a semblé qu’à l’heure où la barbarie tend à vouloir isoler, disloquer, éloigner et déchirer, nous voulions exprimer de cette manière notre sentiment d’appartenance et de proximité, et la structure de la Fédération européenne, exclusivement scientifique et de recherche est une chance qui nous l’a permis : se tenir ensemble face à la destructivité en l’homme révèle aussi le fort besoin de trouver le <em>Nebenmensch</em> dont la vie a besoin.</p>
<p>Et puis il y a le travail, les réflexions, et sûrement il est trop tôt, mais nous gardons l’espoir de poursuivre avec nos collègues des deux bords, pris dans des conflits de nature différente mais redoutables de ces pays en guerre, une pensée sur cette désillusion phénoménale causée par la guerre et la barbarie et sur l’espoir tout aussi farouche qu’elle  réveille.</p>
<p>L’activité scientifique s’en trouve affectée. Le dernier numéro de notre Revue, <strong><em>Le Présent de la psychanalyse</em></strong> dont le titre est <strong><em>Détresse dans la civilisation</em></strong> fait écho à cette interrogation sur la nature du progrès. On y interroge notre humaine et culturelle inaptitude à l’autoconservation  qui  précipiterait l’humanité vers un désastre, et l’inquiétude écologique en témoigne. Mais la violence  n’est pas seulement celle d’une nature qui se retournerait contre son démiurge, l’homme et son désir de  maitrise, elle reste fichée dans le cœur de l’humain où la barbarie dont il peut  faire preuve ne cesse de nous troubler.</p>
<p>Au cours de la <strong>journée ouverte de l’APF à Lyon</strong> en mars, sur le thème « Qui parle là ? L’énigme  de la  langue maternelle », cette question est venue : comment, ce progrès invraisemblable que l’humain accomplit avec le langage, cet acte de culture primordial, s’acquitte-t-il de la violence et de la sauvagerie du sexuel ?  Comment un narcissisme promoteur de haine peut-il alors trouver refuge dans les replis des petites différences, quand la langue maternelle devient le bien le moins partageable ?</p>
<p>En ce temps de guerre qui nous bouleverse, qui nous engage, et surtout trouble nos croyances, notre illusion peut être, dans le progrès  de la culture, la guerre qui est, nous dit Freud, « la contradiction la plus criante des positions psychiques que le progrès  de la culture impose », nous ne pouvons que réaffirmer, et une Association psychanalytique se doit de le faire, que tout ce qui promeut le développement culturel travaille du même coup contre la guerre. Mais la victoire est incertaine et Freud, le psychanalyste, conclut ce texte pessimiste par une sorte de pari que nous faisons bien souvent nôtre : « Et il faut s’attendre à ce que l’autre des deux « puissances célestes », L’Eros éternel, fasse un effort pour s’affirmer dans le combat contre son adversaire tout aussi éternel ».</p>
<p>Dominique Suchet</p>
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